Critiques et Toc

Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 12:24

brentanosUne librairie qui ferme.... C'est toujours un déchirement de voir disparaître un tel lieu. Des rayons surchargés, parfois un peu poussiéreux, des gens étranges qui vous accueillent avec le sourire, et vous font découvrir des trésors de littérature, ou bien vous laissent farfouiller dans les rayons, chercheurs curieux d'auteurs connus ou inconnus.

 

Un exemple frappant de la dictature financière : la fermeture de Brentano's, avenue de l'Opéra, à Paris. Véritable institution fondée en 1895, cette librairie était spécialisée en littérature américaine, et continuait de bénéficier d'une affluence importante de nombreux clients, notemment des américains en vacances dans la capitale.

 

Brentano's, ­fondée par Simon Brentano, constituait un passage obligé pour les plus grands auteurs américains en voyage à Paris tels que Scott Fitzgerald ou Mark Twain. La librairie inquiétait les nazis, qui avaient confisqué les milliers d'ouvrages des rayons - en priorité des atlas et des cartes ! - pour y mettre des livres de propa­gande allemands. Et, à l'occasion, la librairie avait aidé des Français à trouver du papier pendant les années de pénurie. André Maurois et Pierre Lazareff en ont bénéficié. Alors, pourquoi cette mort inattendue d'une entreprise historique qui réussissait bon an mal an à vendre pour plus de 3 millions d'euros de romans, essais et autres ­documents ?

 

Cela faisait près de huit ans que la directrice, Chantal Bodez, se trouvait en conflit avec le propriétaire des murs, la BNP Paribas. La banque, comme la réglementation l'y autorise, avait décidé de déplafonner le loyer. L'addition présentée au couple de libraires, Chantal et Jean-Marc Bodez, était salée : 200 000 € par année, contre 75 000 € auparavant, pour quelque 400 mètres carrés. Finalement, la BNP a revu à la baisse son loyer. Mais le chiffre proposé, 175 000 €, restait bien trop élevé.

La librairie Brentano's a d'abord été placée en redressement judiciaire en 2008 par le tribunal de commerce, puis elle a dû mettre la clé sous la porte. Quatorze employés ont été licenciés.


Nous remercierons donc chaleureusement la BNP Paribas, qui en plus de toucher près de 4 milliards d'aide de l'état, suite à des gestions désastreuses d'actifs toxiques,  fait montre de sa participation active à l'économie de notre pays en soutenant l'emploi et les PME d'une manière originale.

 


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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 07:41

L'e-commerçant Amazon est assigné en justice pour avoir supprimé des livres électroniques de l'ordinateur de plusieurs clients, livres dont la multinationale ne détenait pas les droits.


Ce procès fait enfler la polémique autour de la légalité de ce procédé. bigbrother2.jpg

 

Comble de l'ironie, parmi les titres effacés à distance figurent deux ouvrages d'Orwell, dont le célèbre 1984 qui dénonce un système totalitaire contrôlant l'information. Face au mécontentement de ses clients, Amazon s'est justifié en invoquant l'obligation à se conformer à la législation sur les droits d'auteur. Jeff Bezos, patron de la firme, a depuis présenté ses excuses et qualifié la suppression des livres acquis par les clients de «stupide». Des excuses semble-t-il insuffisantes pour certains, puisque le jeune Américain Justin Gawronski vient d'engager des poursuites en justice. Outre la suppression de son livre, il reproche à Amazon d'avoir rendu inexploitable un projet scolaire sur lequel il travaillait.

Cette affaire pourrait provoquer un appel d'air puisque les avocats de l'étudiant ont déposé une plainte en action collective. D'autres plaignants sont donc susceptibles de s'y joindre, à condition que la justice juge la procédure applicable dans ce dossier. Ce procès met en lumière la pratique controversée d'Amazon. Pour leur part, de nombreuses associations partisanes des logiciels libres réclament l'interdiction des technologies de contrôle des oeuvres numériques, notamment le mécanisme de suppression à distance des contenus.

Le patron de l'e-commerçant, Jeff Bezos, avait déjà fait des excuses publiques. Amazon a cette fois conclu un accord amiable afin de mettre un terme à la plainte ouverte en action collective. L'entreprise versera ainsi 150 000 dollars à Justin Gawronski.

Une fois les frais d'avocat réglés, l'argent sera versé à des oeuvres caritatives a d'ores et déjà indiqué le lycéen. Justin Gawronski se satisfera du bon d'achat de 30 dollars qui lui a été offert par Amazon.

Au-delà de cette affaire, se pose le problème du contrôle par une firme multinationale de la distribution des livres électroniques. Aujourd'hui, il s'agit d'une suppression à distance d'un livre acheté, mais demain, ne peut-on imaginer une censure, des pages retirées, voire une sélection ordonnée de livres politiquement corrects. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je resterais encore longtemps un fidèle lecteur du livre papier.


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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /2009 11:18

Je vais vous parler ici de deux aspects fondamentaux de notre patrimoine national : le camembert et la littérature. Afin de couper court à toute forme de protestation, voire de moquerie, je tiens à vous rappeler les différentes similitudes entre ces deux institutions, qui en font des sujets très complémentaires, bien que de forme différente.

Rassurez-vous, je ne vous demanderais pas si vous aimez le camembert, et je ne ferais pas de déclarations grandiloquentes sur les ennemis de la gastronomie fromagère. Vous êtes autorisés à apprécier toutes les formes littéraires, sans pour autant vous délecter de notre fromage national... Les deux ne sont pas liés ... Enfin presque pas ...

Pour ceux qui connaissent, en véritables disciples de Marie Harel, tous les termes techniques liés au fromage (affinage, coulant, pâte crue, pâte cuite ...), certaines analogies ne manqueront pas de les troubler, à la lecture de différents ouvrages

C'est-y pas beau, ça ?

Puisque c'est un blog littéraire, causons donc de livres. Jean Teulé est un écrivain que j'aime lire; je suis rarement déçu par ses romans, et surtout par son style très travaillé, inimitable. Voilà ! Vous la voyez venir, l'analogie ? Eh oui, au risque de déplaire aux puristes de la littérature sur piédestal, je compare volontiers un roman comme "Le Montespan" à un fromage authentique, un camembert racé. Pas cet espèce de bout de plâtre aseptisé, au lait pasteurisé, que l'on ose qualifier de fromage, non, pas cette immonde ersatz... Mais un vrai camembert, à l'odeur forte, boisée, dont on sent que l'affinage va donner des résultats surprenant au palais. Comme le récit de cet excellent livre, il coule doucement, sans irrégularité, avec juste ce qu'il faut de subtilité et de rugosité ... L'humour qui se dégage de cet ouvrage proto-historique est comme le vin que nous pourrions boire avec notre brave camembert : subtil et riche, afin d'exalter le goût fort et authentique de l'aliment.

Vous devez penser que j'aime le camembert. J'avoue, j'adore ce fromage, ainsi que toutes les autres variétés, pour peu qu'elles soient authentiques. Il en est de même pour la lecture : je ne veux pas être trompé, mais surpris. Prenez le dernier livre d'Olivier de Kersauzon, "Ocean's songs", et surtout, lisez-le. On est en plein dans l'authentique, dans la forme la plus épurée du récit de voyage, là où chaque mot est à sa place et ... que dire d'autre ? C'est un vrai chef d'oeuvre. Si je devais encore comparer ce livre, comme le précédent, je dirais qu'il est riche, mais cependant tout en finesse; on sent que l'affinage a été long et soigné, comme pour une belle tome de Savoie, que l'on déguste dans certains coins de France avec un petit blanc sec et fruité.

Je n'évoquerais pas ici les livres qui me font plus penser à de la vache-qui-rit qu'à de nobles et rustiques fromages, mais vous aurez surement une vague idée de ceux auxquels je pense, en lecteurs avertis.


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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /2009 11:08

 

Dans le langage populaire, un glouton est un être vivant dont la seule préoccupation est de se remplir la panse et d'engloutir tout ce qu'il peut ingérer, avec pour seules limites la taille de son estomac. 

On retrouve dans notre société de consommation ce type de comportement, dans les grandes surfaces, par exemple. Je ne parle pas des consommateurs,  mais plutôt des groupes et des chaînes de la grande distribution, qui aimeraient bien s'accaparer la globalité de tous les marchés, à leurs propres conditions, bien évidemment.

J'en veux pour preuve les propos tenus il y a quelques mois par le très charismatique Michel-Edouard Leclerc, qui « s'interrogeait » sur le prix unique du livre. Quand une personnalité comme MEL « s'interroge » sur ce genre de question, cela signifie généralement qu'une action de grande envergure est prévue pour supprimer ce fameux prix unique, avec si possible la complicité de quelques hommes ou femmes politiques, qui justifierons leur action par des raisons économiques ou pseudo-écologiques.

Il est vrai que les enseignes de la grande distribution sont des modèles en matière de négociation commerciale ; principalement des modèles de gloutonnerie, bien sur. Récupérer à leur compte le marché du livre leur permettrait de fracasser les prix, de faire disparaître la plupart des librairies, et de maîtriser le marché à terme, en imposant les lectures de chacun.

Ne vous y trompez pas : MEL et les autres ne sont pas des membres d'associations à but caritatif. Leurs propos sur la défense du consommateur et sur les prix bas ne sont que des instruments marketing. Rien de solidaire la dedans. Considérons les grandes surfaces pour ce qu'elles sont (et il n'y a là aucune honte) : des épiceries géantes, dont le métier consiste à fournir à leurs clients des produits alimentaires. Laissons les livres à des spécialistes, à des libraires, à des passionnés, à des gens qui savent passer leurs envies de livre à d'autres.

Et si on mettait les gloutons au régime ?


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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /2009 10:25

Coup de gueule contre le gaspillage des cartons par les fournisseurs (fainéantise ou je-m'en-foutisme ?)

Un seul livre, engoncé dans un carton ayant la capacité de contenir 30 ouvrages ; c'est monnaie courante chez les fournisseurs !!!!...

Serait-ce trop leur demander de posséder différentes tailles de cartons?
Chaque semaine, je vais à la déchetterie, je zieute les bennes qui se remplissent à vue d'œil et j'en rajoute à mon tour d'un air contrit.

Je sais ils sont recyclés..., à la clef ce sont des emplois..., mais tout de même !

L'exagération de cette consommation absurde me débecte.

J'en appelle donc à la révolte des employés de ces industries, qui sont obligés d'agir contre leur volonté de préserver la planète des méfaits de cette consommation outrancière d'emballages.

Oui ! J'en suis sûre : les personnes qui appliquent ces tâches ont cette culpabilité en eux, mais comme nous tous ont besoin de sous à la fin du mois. Un peu de bon sens au sein des troupes ne ferait-il pas bénéficier d'une notoriété exemplaire à leur entreprise !

A bon entendeur, salut.


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