Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 07:41

L'e-commerçant Amazon est assigné en justice pour avoir supprimé des livres électroniques de l'ordinateur de plusieurs clients, livres dont la multinationale ne détenait pas les droits.


Ce procès fait enfler la polémique autour de la légalité de ce procédé. bigbrother2.jpg

 

Comble de l'ironie, parmi les titres effacés à distance figurent deux ouvrages d'Orwell, dont le célèbre 1984 qui dénonce un système totalitaire contrôlant l'information. Face au mécontentement de ses clients, Amazon s'est justifié en invoquant l'obligation à se conformer à la législation sur les droits d'auteur. Jeff Bezos, patron de la firme, a depuis présenté ses excuses et qualifié la suppression des livres acquis par les clients de «stupide». Des excuses semble-t-il insuffisantes pour certains, puisque le jeune Américain Justin Gawronski vient d'engager des poursuites en justice. Outre la suppression de son livre, il reproche à Amazon d'avoir rendu inexploitable un projet scolaire sur lequel il travaillait.

Cette affaire pourrait provoquer un appel d'air puisque les avocats de l'étudiant ont déposé une plainte en action collective. D'autres plaignants sont donc susceptibles de s'y joindre, à condition que la justice juge la procédure applicable dans ce dossier. Ce procès met en lumière la pratique controversée d'Amazon. Pour leur part, de nombreuses associations partisanes des logiciels libres réclament l'interdiction des technologies de contrôle des oeuvres numériques, notamment le mécanisme de suppression à distance des contenus.

Le patron de l'e-commerçant, Jeff Bezos, avait déjà fait des excuses publiques. Amazon a cette fois conclu un accord amiable afin de mettre un terme à la plainte ouverte en action collective. L'entreprise versera ainsi 150 000 dollars à Justin Gawronski.

Une fois les frais d'avocat réglés, l'argent sera versé à des oeuvres caritatives a d'ores et déjà indiqué le lycéen. Justin Gawronski se satisfera du bon d'achat de 30 dollars qui lui a été offert par Amazon.

Au-delà de cette affaire, se pose le problème du contrôle par une firme multinationale de la distribution des livres électroniques. Aujourd'hui, il s'agit d'une suppression à distance d'un livre acheté, mais demain, ne peut-on imaginer une censure, des pages retirées, voire une sélection ordonnée de livres politiquement corrects. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, je resterais encore longtemps un fidèle lecteur du livre papier.


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